© Henriette Zéphir.  - .

Henriette Zéphir

 

Née le 8 août 1920, à Montmaurin, Haute-Garonne, Henriette Zéphir a vécu avec ses grands-parents jusqu'en 1932 avant de s'installer à Toulouse avec ses parents et sa soeur jusqu'en 1941. Mariée à 21 ans avec M. Zéphir, elle part pour les Antilles en 1947 avec sa fille Renée alors âgée de 4 ans.
De retour en France, elle s'installe à Nice avec ses deux enfants Renée et Pierre.
C'est le 3 mai 1961, à 41 ans, qu'Henriette se met à dessiner, « poussée » comme, elle le dit, par l'injonction d'une présence ressentie à ses côtés qui lui intime de remplir assidûment pendant sept jours un cahier entier de traits, des « gribouillages » dit-elle.
Ce n'est que plus tard qu'elle comprendra qu'il s'agissait là d'un apprentissage initiatique destiné à ce qu'elle devienne un « canal » parfaitement opératoire : Henriette s'est révélée psychopompe. Ayant le sentiment d'avoir été « choisie », elle accepte de devenir « l'outil » de puissances qui la pressent et se met en devoir d'obéir aux présences qui la guident dans la tâche d'inscription, de dépôt et de consignation des énergies de passage...
« Art médiumnique ! » s'exclamera-t-on !

Cependant, Henriette Zéphir ne se revendique nullement « artiste » : Le monde de l'art lui est étranger et si aucun des termes venus du vocabulaire esthétique institué n'intervient dans son discours, c'est que - du moins à l'aune de son entendement - ses dessins ne relèvent pas de la catégorie artistique. Leur visée et leur vertu sont d'être des surfaces de traduction des « énergies » qu'elle canalise et d'en devenir les supports de représentation, de rayonnement et de propagation. Le dessin est d'abord et avant tout une nécessité, le résultat d'une pulsion irrépressible qui la ramène, parfois à son corps défendant, devant sa table de travail. Dans les premiers temps, confrontée à cet impératif irréfragable, elle s'exécutait à l'aide du stylo à bille et de crayons de couleurs là, où et quand ça la prenait : chez elle, à l'extérieur, dans un pré, etc. Dorénavant, elle opère sur un coin de table, un crayon à mine de plomb à portée de main, un godet de fortune pour diluer l'aquarelle, de l'encre de Chine, une plume et un chiffon, une feuille de vélin d'Arches ou de papier Canson pour accueillir le tracé princeps des énergies au crayon noir et différer à plus tard leur enluminure sous l'oeil vigilant et avisé des « guides ».

Henriette est décédée à Castres, Tarn, en 2012.

Cf. Alain Bouillet, Du vague à l'âme ? Les lignes d'erre d'Henriette Zéphir, catalogue de l'exposition Henriette Zéphir à la Galerie Christian Berst - avril 2010