Expositions

Oeuvre de Jacques Hartmann Grande nature morte Oeuvre de Jacques Hartmann Le chêne

Jacques Hartmann

 

La première impression déconcerte : celle d'un espace comble, encombré, où l'air pourrait venir à manquer; celle d'une nature sèche et griffue, peu avenante, tourmentée dans le détail; celle encore d'un grand chaos dans les chambres du monde - et l'on se dit que le mot repos, qui a un sens en peinture, n'est pas fait pour cette œuvre. Et l'on s'interroge : cet artiste, Jacques Hartmann, poursuivrait-il depuis si longtemps le projet déraisonnable de peindre ou de dessiner toutes les feuilles d'un arbre? tous les piquants d'un genêt épineux? indistinctement tous les objets accumulés dans une sorte de pièce-atelier-débarras où règne un invraisemblable désordre ? ...
Avant même de prendre ses crayons ou ses pinceaux, indépendamment de sa technique et de son style, le peintre figuratif découpe dans le visible le fragment qu'il veut représenter, il en extrait un motif, quitte ensuite à en modifier ou supprimer des éléments, ou à en ajouter d'imaginaires. Cette première opération pour insensible qu'elle soit pour nous, spectateurs , parce qu'elle est antérieure à l'oeuvre et ressortit à la pure liberté de l'artiste, et que nous ne songeons donc aucunement à en juger, cette opération a un caractère au fond assez brutal, par l'énormité de ce qu'elle écarte, par la réduction radicale qu'elle impose au monde tel qu'on le voit.
Question naïve, question d'enfant, que l'on ne pose pas : qu'y a t-il là à droite ou à gauche, au delà du tableau? Sans doute rien d'intéressant. Vraiment? On voudrait en être sûr. Et à l'intérieur de ce bout de monde découpé, la même opération se poursuit, mais cette fois sous nos yeux : face à ce que Signac appelait le « perfide profusion » de la nature, le peintre a simplifié ou arrangé le réel pour composer son motif, ne retenant que tel objet ou tel ensemble d'objets, telle ou telle partie du paysage, et de celui-ci seulement un aspect, un effet général ou quelques détails chargés à eux seuls d'évoquer tout le « reste ». Et comment faire autrement? La nature et les choses sont d'abord, dans la réalité, avant toute image, une infinité de détails aux aspects infiniment changeants...

 

Repères biographiques

Né à Paris en 1933 - Vit et travaille à Paris et dans le Gard.

Expositions personnelles et collectives récentes (sélection)

2012
Trois dans le réel, Galerie Deleuze-Rochetin, Arpaillargues
2008
Galerie de la Bouquinerie de l'Institut, Paris
2007
Elysées de l'Art-Bouquinerie de l'Institut, Paris
Couvent des Dominicaines, Pont L'Evêque
2004
Galerie de la Bouquinerie de l'Institut. Catalogue préfacé par Alain Madeleine-Perdrillat
2001
Galerie de la Bouquinerie de l'Institut, Paris
Salon de Mars, Genève
Hubert Gallery, New-York
2000
Bouquinerie de l'Institut, Pavillon des Antiquaires, Paris
1999
Galerie Doudou Bayol, Saint-Rémy-de-Provence
Galerie Gerhard-Wurzer, Houston, Texas, U.S.A.
1998
Bouquinerie de l'Institut, Paris
Centre Culturel de l'Arsenal, Maubeuge. Catalogue préfacé par Odile Bombarde
1997
Salon des artistes naturalistes, Muséum d'Histoire Naturelle, Paris
1996
« Die Kraft der Bilder » Berlin
Yves Bonnefoy « La poésie et les arts plastiques » Musée Jenish, Vevey Suisse
1995
Yves Bonnefoy « Art et Poésie » Ambassade de France, New-York
1993
Yves Bonnefoy « Ecrits sur l'art et Livres avec les artistes », Château de Tours
Bouquinerie de l'Institut, Paris. Catalogue préfacé par Luc Vezin, V° Salon de Mars

Ouvrages illustrés

2007
N° 935 de la Revue Europe - Mars. Reproduction de 2 dessins « le chêne » et « le toit » dans le Cahier Jourdan (pages 180 - 259).
1996
François Lallier, Le silence et la vision, Deyrolle éditeur, dessin original pour la couverture.
1986
Yves Bonnefoy, Sur de grands Cercles de Pierre, éditions Thierry Bouchard, Losne, avec cinq lithographies originales