© Martha Grünenwaldt.  - .

Martha Grünenwaldt

 

Née en Belgique le 1er juin 1910 dans une famille pauvre du Brabant wallon à Hamme-Mille où son père musicien dirige la fanfare du village, Martha Grünenwaldt apprend à jouer du violon et l'accompagne dès l'âge de six ans dans les bals et les fêtes des villages voisins, ne suivant que très irrégulièrement l'école primaire.
À vingt-trois ans, elle épouse un musicien, puis travaille quelques années en usine jusqu'à la naissance de sa fille, Josine. Séparée de son mari en 1937, elle mène une vie difficile jouant du violon à la terrasse des cafés. À la fin de l'année 1940, son mari lui reprend Josine. Dès lors, elle devient domestique dans une grosse propriété brabançonne où elle restera vingt-huit ans.
En 1968, elle s'installe chez sa fille à Mouscron.

C'est en 1981 - dérobant à l'insu de tous des morceaux de papier : tracts, affiches, factures et lambeaux de papiers peints, ainsi que les bouts de crayons de couleur de ses petits enfants - que Martha se met à dessiner.
Cette activité intense et « buissonnière » l'accapare entièrement tout au long de la journée.
Elle possède en effet cette « capacité » que d'autres nomment « absence », de s'immerger, de s'absorber totalement dans l'activité de dessiner, rien autour d'elle ne comptant plus alors. Dans les premiers temps, ses dessins « achevés » (selon des critères qu'elle seule serait à même de préciser), elle les jetait aux passants par la fenêtre de sa chambre. Reconnue, cette production se mit à proliférer. Plusieurs cartons ensilaient dans la maison familiale les dessins que Martha ne cessait de produire. À quatre-vingt quinze ans, elle s'attablait encore quotidiennement devant sa feuille de papier et après avoir considéré le travail de la veille, reprenait avec concentration le motif laissé en suspend. Ou bien se décidait à en entamer un autre. Le dessin se couvrait peu à peu de lignes arborescentes et de taches colorées, engendrant par prolifération, enchaînements et enchevêtrement des motifs successifs selon un dessein qu'elle seule pouvait connaître et dont l'aboutissement demeurait soumis à son seul désir. Considérant d'un regard critique la feuille où s'entrelaçaient depuis le matin ce qui se laissait deviner comme les lignes directrices d'une coiffe venant couronner la pâleur d'albâtre d'un visage féminin : « Ce n'est pas fini, disait Martha, il manque quelque chose... du bleu... là... peut-être ».
Désormais reconnus et exposés les ouvrages de Martha figurent en bonne place tant dans les collections privées que dans les institutions publiques.
Quant à Martha, après l'ultime hommage qui lui fut rendu par le Royaume de Belgique, elle s'est éteinte à Mouscron, le 23 Mars 2008.